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Il n’y a pas de mots… Cette phrase je l’ai lue et entendue des centaines et des centaines de fois. C’était probablement la plus utilisée des gens sur les carte de condoléances. Ce qui ne les empêchait pas nécessairement de finir par nous en écrire 3 pages A4…
Ne cherche pas de mots qui puissent guérir des parents de la perte de leur enfant, ces mots n’existent pas. Vouloir à tout prix trouver la bonne formule ou la meilleure attitude est finalement le meilleure moyen pour devenir maladroit ou agaçant…
Petit tour d’horizon des phrases à éviter à tout prix…

Pas de comparaison
Il n’existe aucune hiérarchie dans la perte d’un enfant, perdre un bébé de deux semaines ou perdre un enfant de 7 ans, perdre un enfant brutalement suite à un accident ou perdre un enfant suite à une maladie c’est très différent mais potentiellement tout aussi douloureux.

Ne compare pas la tristesse que peut ressentir le parent en deuil à ce que tu as toi-même ressenti lors de la perte de ton père/ta mère/ton animal de compagnie (si, je te jure, je ne donnerai aucun nom mais je l’ai entendu). Les douleurs ne se comparent pas. Même entre deux parents qui vivent le même deuil. Alors ton histoire à toi, celle de ta cousine ou de ton collègue de travail, aussi difficile soit-elle n’aura rien d’apaisant face à l’immense désarroi que peut provoquer la perte d’un enfant dans la vie de ses parents

Ne ramène pas non plus ce que la personne vous confie à ta propre tristesse. Tu êtes peut-être très affecté•e par cette situation, en raison de ton lien avec l’enfant ou parce que cela fait référence à ton histoire personnelle mais le parent en deuil a besoin de ton soutien et il n’est pas en mesure de t’apporter le sien.

Choisis tes mots
N’utilises pas des termes comme “remonter la pente”, “ça va mieux?”, “tu doit faire ton deuil”, “ça va faire 6 mois/1an/10 ans, c’est le moment de passer à autre chose”. Tout ça n’a rien d’aidant, oublie.

Si il semble évident que des phrases comme “Je me rend compte de la chance que j’ai…” ou “je ne sais pas comment tu fais pour supporter une épreuve pareille” n’ont rien d’apaisant, ça ne m’a pas empêché de les entendre à plusieurs reprises. Saches que le parent en deuil se rend déjà bien compte de la chance que les autres parents ont et si ils avaient eu la possibilité de poser un joker pour éviter d’avoir à vivre une telle épreuve, ils l’auraient fait sans hésiter…

“C’est mieux comme ça…” . Peu importe le contexte et le parcours de vie de l’enfant décédé, la seule chose qui est vraiment “mieux” c’est d’avoir un enfant vivant. Tout le reste est simplement inacceptable.

Lorsqu’on perd un enfant, la question d’en avoir d’autres par la suite est très délicate et peut même être très mal vécue au sein du couple alors ne t’aventures pas sur ce terrain. “Vous en aurez d’autres” c’est vraiment pas utile.

Garde tes croyances pour toi. A moins d’être absolument certain•e de partager les convictions religieuses, spirituelles ou philosophiques des parents ET d’être sûr•e qu’ils ont réellement envie d’en parler…

Apprends à écouter réellement
Entre nous, qui est réellement prêt à accueillir l’autre de manière inconditionnelle lorsqu’il lui demande comment il va ? Et qui est totalement prêt à se livrer, à s’ouvrir juste après un “ça va ?” en vérité on se déguise, on fait genre, on dit “ça va et toi ?” et l’autre répond “bien, merci” et on passe son chemin… Alors forcément, selon le contexte, ça devient très futile…

Le silence…

Parfois il n’y a rien à dire. Il m’arrive de rester de longues minutes totalement silencieuse au téléphone avec des amies parce que le simple fait de me sentir un peu moins seule est déjà réconfortant. Se relier à l’autre reste à mon avis le meilleure moyen d’être véritablement pertinent dans de telles circonstances.

Et si une maladresse t’échappes..?
Excuses-toi tout simplement. Les parents en deuil sont conscient que personne n’est préparé à vivre quelque chose de semblable. Il vaut mieux être entouré de personnes légèrement maladroites que d’être totalement seuls.

J’espère que cet article t’a semblé pertinent. Il a été rédigé avec l’aide d’autres parents en deuil rencontrés principalement sur les réseaux sociaux. Je tiens à leurs adresser toute ma gratitude pour leur aide et pour l’immense soutien que j’ai trouvé à leur côtés. Une pensée toute spéciale s’envole de mon coeur vers eux et vers leurs enfants des étoiles…

Si tu as d’autres suggestions, n’hésites pas à les mettre en commentaires ou à me les envoyer en privé, je les ajouterai très volontiers.

Avec le coeur,

Léa