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Il s’appelle Emanuel

Quand j’ai voulu lui donner une pièce en passant, il ne nous a pas laissé le choix, il voulait qu’on s’installe et qu’on l’écoute. Qu’on écoute sa voix, ses harmonicas, sa guitare et son kazoo. Il a joué pour nous, juste pour nous. Et le temps s’est arrêté.

Il s’appelle Emanuel et tout ce que je sais de lui c’est qu’il est musicien de rue… Non. En fait, j’en sais bien plus que ça. Je sais qu’il aime accrocher une cigarette allumée à sa guitare quand il joue. Je sais aussi que parfois sa main s’arrête de gratter les cordes juste le temps d’essuyer cette larme qui perle sur sa joue. Je sais qu’il aime la bière mais pas pendant qu’il travaille.

Je ne connais pas son histoire mais je connais un peu de son âme…

On s’était arrêtés à la gare pour quelques courses avant de prendre la route de nos vacances, un peu pressés, comme quand on s’apprête à faire 4 heures de route. Un peu tristes aussi. Cette tristesse que l’on ressent à chaque fois que l’on s’apprête à faire quelque-chose de nouveau sans Noé.

Et lui, avec sa guitare, son kazoo et ses harmonicas il a su donner de la couleur à ce depart en vacances un peu particulier. J’ai pleuré en l’écoutant. Il l’a vu et m’a sourit.

Il ne connaît pas mon histoire mais il connaît, lui aussi, un peu de mon âme…

En nous regardant partir avec ses yeux pleins de malices, il a fait avec ses doigts le signe de la victoire. Comme Noé…

Il n’y a pas de hasard…